DE CES ENFANTS PRECOCES DONT ON PENSE QUE TOUT VA BIEN


De nombreux enfants sont dans un « no man’s land ». Les obstacles qu’ils rencontrent ne rentrent dans aucune des « catégories » de difficultés reconnues. Ils connaissent des problèmes, mais peuvent, de façon incroyable, compenser. Ils sont intelligents, mais n’arrivent pas à exploiter leur potentiel dans le cadre scolaire.

Par moment, « tout fonctionne », mais lorsqu’ils sont fatigués, comme en fin de journée d’école, ils n’ont plus accès à leurs connaissances. D’autres « traînent » des difficultés depuis l’école maternelle, sans que l’on ait pu mettre un nom sur les situations dans lesquelles ils se trouvent. Ils arrivent à travailleur au prix de gros efforts et de compensations parfois épuisantes pour eux. Comme il est impossible de classer, dans une catégorie ou une autre, leurs difficultés qui sont globales et souvent différentes d’un jour à l’autre, alors ils finissent par être rangés par les « paresseux ». En général, les parents sentent que leur enfant souffre, que « quelque chose » l’empêche d’exprimer son potentiel : mais quoi ? S’ils insistent souvent trop auprès des spécialistes, lors des consultations ils deviennent alors suspects et sont souvent rendus responsables des difficultés supposées psychologiques de leur enfant. Cela peut occasionner de nombreux dégâts dans une famille.

A l'école

A l’école, Loïc est « étiqueté » paresseux. Quels que soient les efforts qu’il accomplit, sur son cahier il est inscrit « peut mieux faire », « manque de motivation ». Lors des diverses consultations spécialisées auxquelles ses parents l’ont amené, rien n’a été détecté. Loïc a exécuté avec succès tous les tests qu’on lui a fait passer. Il a une assez bonne coordination. Il est lent, mais s’il « veut bien se donner la peine de travailler », il peut bien écrire, copier et se concentrer. Oui, mais combien de temps peut-il le faire ? Ses parents sentent que Loïc est gêné par « quelque chose » qui n’a pas été identifié et qui l’oblige sans cesse à des compensations exténuantes. A la maison, ses parents ont remarqué que lorsqu’il était fatigué, Loïc devenait maladroit et agressif envers son frère, s’opposant à toute règle et contrainte. Après avoir reçu une aide psychologique qui n’a eu aucun effet sur lui, ses parents se sont rendus au CHU. Loïc est très intelligent et capable, par moments, comme nous le savons, de bien s’appliquer ; alors, ne pouvant lier ses difficultés à une catégorie de problèmes reconnus, on déclare ces dernières, dues à sa précocité. Que ne met-on pas sous le prétexte de la précocité !

Leurs difficultés cachées

La maman de Loïc est médecin. Elle voit que, par moments, son fils a des comportements régressifs de bébé et qu’il est hypersensible. Elle soupçonne que, face à ses apprentissages scolaires, il rencontre beaucoup plus de difficultés qu’il n’y paraît. Elle constate qu’il s’épuise, à force de compensation et qu’il se décourage. Elle se rend compte qu’il se dévalorise, car ses efforts ne sont pas reconnus puisqu’on le traite de paresseux. Elle a l’intuition que l’origine de ses difficultés n’est pas psychologique, mais bien physiologique. Elle sait que tout est relié dans le corps et que l’équilibre émotionnel fragile de son fils est en relation avec son hypersensibilité sensorielle et les tensions de ses postures. La maman de Loïc se doute aussi que, ce qui empêche son fils d’exprimer tout son potentiel est en lien avec son histoire, depuis sa venue au mont et bien sûr aussi avec sa propre histoire. Elle revoit certaines de ses propres difficultés d’enfant dans le comportement de son fils. Ces difficultés dont elle a cruellement souffert… Après avoir effectué des recherches sur Internet, un beau jour, elle arrive dans mon Cabinet. Je reçois Loïc et décide de réaliser une évaluation de son développement sensoriel et moteur depuis la gestation  afin de vérifier s’il y a rémanence de ses réflexes primitifs, absence ou présence de ses réflexes posturaux. Seuls les tests des réflexes primitifs permettent de découvrir ce que le corps cache soigneusement sous ses compensations. Ils sont un extraordinaire outil pour véritablement détecter les moyens physiques dont dispose un enfant pour apprendre. L’évaluation montre une persistance de certains des réflexes primitifs de Loïc. Ses réflexes posturaux sont présents, ce qui explique que l’examen de sa coordination a toujours été bon. En effet, le développement d’un enfant ne s’arrête pas à cause de la persistance de certains de ses réflexes primitifs ; simplement, certaines étapes du développement restent « grippées » et freinent la mise en mouvement du plein potentiel de l’enfant et cela ralentit au niveau émotionnel.

Comment les aider à sortir de leurs difficultés

Déceler et stimuler le développement des réflexes primitifs pour qu'ils se transforment

L’évaluation montre donc un développement neurosensoriel et moteur « grippé », qui explique en grande partie les difficultés et l’immaturité de Loïc, ses maladresses, ses « surcharges sensorielles », le soir après une journée d’école. Cette surcharge fait que son cerveau n’est plus capable d’absorber quoi que ce soit de nouveau, ni de faire face et s’adapter aux comportements de son petit frère, d’y répondre avec calme. Loïc est dans la survie ; son cerveau primitif crie danger. Il n’a plus de capacité de recul, son corps utilise ses réflexes de survie pour continuer à fonctionner. La présence cachée des réflexes primitifs explique aussi sa posture affaissée et, par moments, ses difficultés d’écriture. Le « rééquilibrage sensoriel et moteur » permet aux réflexes primitifs d’être digérés par le corps et met l’enfant en contact avec son potentiel caché.

Comme le dit, aujourd’hui, la maman de Loïc, après une année de traitement physique : « Pour Loïc, c’est une libération, il est détendu et a repris confiance en lui et en ses moyens ».